?Marre, nous en avons tout simplement marre. On n'en peut plus, grince une mère de famille qui court dans le centre de Béziers, mercredi matin, pour déposer ses enfants à l'école. C'est de pire en pire. On a déjà l'impression d'être pris pour des terroristes, des je-ne-sais-pas-quoi, des gens qui ne savent faire que des enfants. Et maintenant on s'en prend à nos petits.? Pour cette Algérienne voilée, installée en France et mariée à un Fran?ais, le recensement des élèves biterrois supposés musulmans laisse un go?t très amer. ?Des fois j'ai juste envie de partir en Algérie. Mais la France, cela reste le pays de mon mari et de mes enfants.? Des enfants qui, parce qu'ils portent un prénom et un nom de famille d'origine étrangère, font probablement partie des ?64,6% d'élèves de confession musulmane? des écoles publiques de Béziers évoqués par Robert Ménard, le maire. Un chiffre fourni lundi soir par l'édile, sur France 2, avant qu'il ne nie, le lendemain, l'existence de fichage. SUR LE MêME SUJET INFO LIBé Revenus des parents d'élèves: l'autre fichier de Ménard ? Par Luc Peillon LIBEZAP ?Intolérable? et ?condamnable? : le ?fichage? à Béziers dénoncé à gauche comme à droite A LIRE AUSSI : Travail et revenus des parents d'élèves : l'autre fichier de Ménard ? ?Intolérable?, ?absurde?, ?provocant?, ce dernier est largement dénoncé par les parents d'élève. ?La religion ne marque pas l'origine. TN Pas Cher Islam et immigration, ce n'est pas la même chose !? s'indigne une autre mère de famille, qui se présente comme une musulmane convertie originaire de l'est de la France. A quoi sert ce fichier si ce n'est à enflammer notre ville ? C'est vrai qu'ici c'est sensible, car on vient tous d'une immigration différente, mais on vit bien tous ensemble. Il y a des tensions, mais pas plus qu'ailleurs?, poursuit-elle devant l'école Mairan, près des allées Paul-Riquet.Blouse à l'école, crèche de No?l, interdiction du linge aux fenêtres, le maire de Béziers n'en est pas à sa première provocation. S'il se désole de l'existence ?inadmissible? de tels fichiers, un père de famille ne s'étonne guère de cette affaire. ?Ménard, ?a reste Ménard, avec l'extrême droite, on sait à quoi s'attendre.? D'autres sont plus surpris par la tournure que prennent Nike Tn Pas Cher les choses. ?Beaucoup d'Algériens ont voté pour Ménard à Béziers?, raconte un père retraité. Originaire du sud de l'Algérie, il a cru que le maire, qui, comme lui, a grandi sur le sol algérien, allait faire des choses pour cette communauté d'immigrés. ?Mais Marine Le Pen l'a rendu raciste?, croit-il savoir. Passé la ?colère?, il veut désormais que l'édile paye. ?Pour lui, ce doit être la prison, s'emporte-t-il. Il n'a pas le droit de faire cela à nos enfants.? Mais que faire ? Porter plainte ? ?Pourquoi pas, mais seule je ne peux pas?, se désole une maman qui attend, en vain, qu'une réunion informelle s'organise devant l'école. Là où d'autres sont plus partagés. ?Il ne faudrait pas donner trop d'importance à cet homme. Cela peut avoir des effets pervers en termes de publicité?, prévient un autre. ?NOUS AVONS UN NOM KABYLE, nike tn blue suede MAIS NOUS SOMMES ATHéES !? Certains préfèrent rire de l'absurdité de ce fichier. ?Les chiffres sont faux, mes filles s'appellent Sarah et Inès, ce sont des prénoms "fran?ais", pourtant nous sommes musulmans dans la famille !? note une mère. ?Et nous, nous avons un nom kabyle, mais nous sommes athées !? ironise une autre. A quelques mètres, devant l'école Paul-Riquet, un père de famille explique, lui, avoir choisi des prénoms à ?consonance neutre? pour ses enfants afin de les protéger des discriminations. Ces trois-là auront ainsi échappé au comptage de Ménard, s'amuse leur enseignante. Elle trouve que la question n'a pas fait trop de bruit dans son établissement. La veille, le sujet n'a pas été abordé lors d'une réunion de parents d'élèves. ?Les gens ne sont pas trop mobilisés?, reconna?t-elle. ?Certains parents n'ont pas encore TN Requin compris, il y a aussi la barrière de la langue. D'autres ne veulent pas trop se mouiller?, note un père. ?C'est vrai que c'est navrant, personne ne se parle devant la porte de l'école?, ajoute sa voisine. Avant de relativiser : ?De toute fa?on c'est encore un coup d'éclat, il n'en fera rien de son fichier.?Seule solution, pour beaucoup : ?Attendre les prochaines élections.? Si elle ne s'est pas déplacée aux urnes aux dernières municipales, ?parce qu'[elle] n'y croit plus?, une mère de famille, inquiète que ses enfants soient stigmatisés car ils portent ?un nom maghrébin?, jure qu'elle ira voter la prochaine fois. ?Et j'apprendrai à mes enfants à le faire.?Mais Ménard a aussi ses supporteurs dans cette ville où la parole raciste s'est libérée. ?Il y a du pour et du contre dans ce fichier. C'est vrai qu'il y a trop d'immigrés, Nike TN avance une jeune mère de famille, un brin gênée. Il n'y a plus assez de Fran?ais dans notre ville.? Dans un troquet du centre, derrière son zinc, la serveuse a moins de retenue. ?On n'est pas chez nous à Béziers. Il y a trop de Turcs, trop d'Arabes, trop de musulmans et, en plus, ils ne travaillent pas.? Un discours combattu, au même moment, à deux rues de là, par plusieurs représentants syndicaux (CGT, Solidaire, Unef, UNL, FIDL, FDU) réunis en ?intersyndicale contre l'extrême droite?. Leur but ? Organiser la riposte dans les villes prises par le FN et ses partis satellites. ?Ce fichage ne peut que nous convaincre de l'utilité de ce rassemblement, pointe Patricia Barbazange, secrétaire générale CGT de l'union locale de Béziers, lors de l'ouverture des débats. Vivre dans une ville FN, c'est être confronté tous les jours à une politique qui heurte de plein fouet nos valeurs.?
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